Regardez l'interview de Georges Dhers, l'inventeur de la technique des GPEC,

par Christine Bisch, l'une de nos intervenantes.

Vous pouvez également visionner cette vidéo et trouver plus de contenu sur notre chaîne Youtube : https://youtu.be/UXwf0YIBIgE



"Proches et créatifs par le don et les liens au coeur des territoires"

Revivez l'intégrale du colloque du 28 janvier 2021 sur la chaîne Youtube du Pacte Civique.


 

L’INGENIERIE ADVENIR

UNE INGENIERIE DE TRAVAIL SUR LES LIENS

QUI PERMET DE FAIRE EMERGER LE POTENTIEL CREATIF

DES PERSONNES ET DES ORGANISATIONS

 

Les animateurs Advenir ont développé un savoir-faire et savoir-être qui leur permet de rendre visibles les liens invisibles entre les personnes et de rendre ceux-ci créatifs et utiles pour la Transition.

Le processus qu’ils ont conçu et rendu opérationnel se déroule sur quatre phases :

  • Groupes d’émergence des intériorités et des liens

  • Groupes de parole et entraide créative pour affiner les liens

  • Travail de co-construction en groupes projets

  • Travail d’enrichissement des projets par la mise en réseau avec des acteurs publics et privés sur un territoire.

Chaque phase permet d’affiner les liens émergents et de les transformer en pouvoir d’agir, tout en facilitant le développement du potentiel de réalisation de chaque personne : l’équipe Advenir s’engage (?) à effectuer l’accompagnement de chaque personne et de chaque groupe projet durant tout le processus.

La finalité est la cocréation d’activités socialement et économiquement utiles sur un territoire et aussi tout simplement la création de liens d’amitié et d’entraide qui enrichissent le Vivre ensemble.

Ces finalités, une fois atteintes, sont consolidées et valorisées par le réseau Advenir et ses partenaires (dont le Pacte civique, les experts d’Happymorphose et Autantyk, le réseau des coopératives, tiers lieux et oasis et plusieurs acteurs publics et privés engagés dans la Transition…)

Les personnes engagées dans le processus peuvent devenir partenaires de la structure selon les principes de l’économie du don et de la coopération : une mutualisation des moyens matériels et immatériels, des alliances créatives sont alors possibles pour créer et développer des communs.

Elles peuvent aussi solliciter les praticiens d’Advenir pour bénéficier de conseil, d’accompagnement ou de formation (ces prestations seront facturées selon un barème adapté aux personnes et aux organisations).

 

LE PROCESSUS ADVENIR EN QUATRE PHASES

1° Les groupes d’émergence :

C’est l’entrée dans le dispositif : animés par Cathy et Georges ils rendent possible un partage des intériorités et un travail sur les liens inter et intra personnels qui en quelques heures seulement (deux fois trois heures) permettent l’expression des motivations profondes de chacun, le repérage des liens d’affinité et de complémentarité, développent la confiance, l’envie de co-construire à quelques-uns dans un esprit de solidarité et de créativité.

Participer à un GELIC : Groupe d'Émergence des Liens Créatifs.

Réserver ici : https://forms.gle/1bW79556U7RPwE5y5

 

2° Les groupes de parole et entraide créative (GPEC) :

Les personnes qui sont déjà venues une ou deux fois aux groupes d’émergence sont orientées vers un des quatre GPEC qui correspond à leurs motivations profondes.

Sous la responsabilité de Cathy et Georges, ces groupes permettent d’affiner et de consolider les liens repérés. Ils constituent des matrices de solidarité créative qui augmentent le pouvoir d’agir.

Les quatre grands GPEC actuels sont :

  • Développement du potentiel créatif :

A partir des sciences humaines et sociales, des arts, des sagesses et spiritualités du monde et en se fondant sur les expériences de chacun, il s’agit de recombiner et d’enrichir les pratiques de développement psycho-physique qui permettent l’épanouissement simultané des personnes et des organisations, facilitent leur résilience, et augmentent leur créativité et leur pouvoir d’agir.

 

  • Pratiques inédites de reliance et de care:

A partir des recherches en sciences humaines et sociales, des sagesses et spiritualités du monde et de la fertilisation croisée des expériences de développement, il s’agit de faire émerger et de développer de nouvelles pratiques éducatives, de care, de restauration des liens, de résilience, d’engagement au service du vivant, d'échange et de don, d’entraide intergénérationnelle, d'échange interculturel et interreligieux, de rituels...

 

  • Collectifs, communautés et gouvernance visant le bien commun :

A partir des connaissances et des expériences que nous avons sur les oasis, éco-villages, tiers lieux, archipels, habitats coopératifs, nouvelles formes d'agriculture, nouvelles formes de citoyenneté, communautés épistémiques, réseaux de recherche-action et de formation développement, nouvelles formes de gouvernance, il s’agit de faire émerger de nouvelles formes de collectifs ou d’enrichir les pratiques de ceux qui ont déjà pris forme.

 

  • Pratiques socio-économiques et écologiques respectueuses du vivant :

A partir des nouvelles approches économiques (économie des liens, économie du don, économie symbiotique, économie régénérative, économie sociale et solidaire, économie de la fonctionnalité, économie circulaire... ), il s’agit de construire de nouveaux dispositifs d'échange qui facilitent l’entraide, la coopération, la créativité, la mutualisation, la mise en réseau des acteurs publics, privés et associatifs qui veulent accélérer la transition

 

Participer à un GPEC : Groupe de Parole et d’Entraide Créative

Réserver ici : https://forms.gle/KP4JS5vkhQcP4gdG9

 

 

3° Les groupes projets :

 

Sous la responsabilité de Cathy, Philippe, Myriam, Christine, et Georges, ces groupes projets sont accompagnés vers la création d’entreprises, entreprises sociales, coopératives, associations capables de créer des activités économiques utiles sur un territoire, de générer des emplois, de retisser du lien social.

 

 

4° Les réseaux de collectifs :

 

Sous la responsabilité de Christine et Georges, ces collectifs sont alors accompagnés pour passer à la phase consolidation et développement : cet accompagnement prend la forme de co-conseil, co-développement, et de mise en réseau avec des acteurs publics ou/et privés susceptibles de les aider dans cette phase par de l’apport en conseil ou/et en moyens matériels.

 

L’équipe Advenir est secondée dans cette tâche par des acteurs du réseau associatif Pacte Civique, du réseau d’entreprises Autantyk, du réseau d’experts Happymorphose, du réseau des coopératives (Coop des oasis, Coop des communs, Coopératives d’activités et d’emplois…), et de plusieurs autres réseaux engagés dans la Transition.

 

Durant tout ce parcours de cocréation, les personnes et les collectifs sont accompagnés pour échanger sur leurs pratiques, développer leur capacité d’autoréflexivité et conscientiser les points d’amélioration sur lesquels ils peuvent alors travailler pour développer de nouvelles compétences collectives.

Ce travail leur permet de devenir des organisations apprenantes, capables de construire leur propre éthique de coopération, de mieux gérer leurs communs, de réduire les risques de tension et d’évoluer vers une organisation symbiotique.

 

Certains praticiens de l’équipe et du réseau Advenir peuvent accompagner les groupes projets dans ce travail si délicat et si important pour la qualité de vie et la durabilité de toute forme de collectif.


Le don crée les liens qui vont porter la métamorphose humaniste

 

Les échanges entre les hommes font le type d’économie (et non le contraire) ; Il faut donc soigner les échanges entre les hommes ; notamment les échanges orientés vers la co-construction de formes de vie qu’on veut promouvoir

Ce type d’échange est rendu nécessaire par la multi-crise actuelle ; ce type d’échange est de nature nouvelle ; il s’agit donc de l’enrichir par des ingénieries ou des rituels (laïques)

L’association Advenir en lien avec le Pacte Civique, l’université Toulouse Capitole, les Dialogues en humanité, la Coalition solidaire AG2R La mondiale, l’association Eklore, le réseau des Villes en transition et des facilitateurs de la transition, le réseaux d’experts Happymorphose et Autantyk…. travaille sur ce type d’échange et nous avançons que quatre types d’ingénieries doivent être aujourd’hui affinées ;

- Des rituels de partage des intériorités et de travail sur les liens

- Des rituels de co-construction de matrices de solidarité créative que nous appelons groupes projet

- Des ingénieries de mise en réseau des groupes projets sur un territoire

- Des ingénieries de mise en lien de ces groupes projets avec des organisations publiques et privées qui puissent les soutenir

 

Dans toutes les phases de ce processus de communication le don est omniprésent car pour créer une « bonne ambiance de communication » comme disait le psycho-pédiatre D. Winnicot chacun doit donner de soi :

- qualité et intensité de sa présence empathique

- attention soutenue

- écoute sans jugement

- expression vraie et congruente

- capacité à voir les liens et à les valoriser

- capacité à transformer les liens repérés en créativité et force de co-construction

- reconnaissance, accompagnement de l’autre

 

Ces qualités qui font la « bonne communication » ne s’improvisent pas ; elles correspondent à un gros travail sur soi qui lui-même repose sur une attitude de prise de conscience de son potentiel interne (souvent écrasé par les différent systèmes qui nous entourent) ; ce travail une fois réalisé doit être utile et servir pour le développement de l’autre ; il doit être offert à l’autre (Alain Caille dans son livre sur « l’extension des domaines du don » évoque ce type de rituel quasi thérapeutique qui est proche aussi du « care » anglo-saxon).

C’est donc bien le don qui crée les liens et leur permet de se développer et de perdurer comme disait Marcel Mauss qui avait bien observé et analysé comment se déroulaient les rituels de nombreuses peuplades amérindiennes et polynésiennes à travers de nombreux actes de leur vie quotidienne ; le don constituait pour lui un « fait social total ».

Aujourd’hui le contexte mondial de multi-crise nous fait penser que ces nouveaux types de rituels faciliteront la co-construction des nouvelles formes d’économie, de démocratie, de société, de culture et éducation ; Annah Arendt disait d’ailleurs que pour construire une vraie démocratie « il faut organiser l’espace entre les gens » et Edgar Morin a dit maintes fois dans ces ouvrages « il faut construire des Maisons de la fraternité ou de la solidarité ….dans lesquelles on pourra déployer les ingénieries du micro-social » dont les sciences humaines et sociales du XX ème siècle ont permis l’émergence.

Notre expérience c’est que ces rituels permettent l’émergence de nouvelles formes de collectifs solidaires et créatifs que nous appelons « groupes projets » ; ces groupes projets agissent comme des matrices qui démultiplient la créativité et le pouvoir d’agir des personnes.

Bien sûr les pouvoirs publics, les entreprises, et les organismes à but social doivent aussi donner pour soutenir ces dynamiques de créativité locale (comme le fait AG2R La mondiale à travers le soutien à de nombreuses associations de bénévoles qu’elle relie sous forme de Coalitions solidaires).

Ainsi donc nous pensons que dans les sociétés actuelles qui vont porter la transition, chaque citoyen, quelque-soit son statut socio-professionnel, et quelque-soit son poste et sa responsabilité dans les organisations ou la société, doit donner chaque jour un peu plus de son temps, de son énergie, de ses savoir-savoirs faire et savoir être, comme le dit souvent Jean-François Noubel (chercheur et consultant qui pratique lui-même l’économie du don).

Ce don inconditionnel peut être fait pour un inconnu car nous avons le pouvoir de nous identifier à l’autre et donc de comprendre ses besoins, ses souffrances, ses problèmes de développement ; cette écologie des liens a été bien développé par le philosophe norvégien Arne Naess « le pape de l’écologie profonde » et par le philosophe indien Aurobindo.

D’autres travaux (comme ceux de Carl Rogers, Boris Cyrulnik, Victor Frankl, Frans Veldman) montrent d’ailleurs que celui qui donne de soi pour accompagner l’autre dans son développement, se sent mieux lui-même.

Beaucoup d’éléments devraient donc nous inciter à donner plus de nous-mêmes tous les jours, et nombreux de nos contemporains le font d’ailleurs déjà (on le voit bien depuis le début de la crise sanitaire et économique actuelle).

Un autre élément majeur contribue aussi à cette prise de conscience de notre capacité et responsabilité pour donner : c’est le fait que chacun sent bien que nos systèmes sont incapables d’assurer le minimum vital à des centaines de millions d’êtres humains, que les inégalités s’accroissent, et que les ressources naturelles s’épuisent ; Alain de Vulpian disait que les hommes sont de plus en plus « socio-perceptifs » et que dés lors ils développent de plus en plus des capacités d’auto-organisation pour vivre mieux (ou survivre) ; il ajoutait que ce sont eux « les gens ordinaires » qui vont porter la métamorphose humaniste et peut être créer cette « civilisation de l’empathie » dont parle Jéremy Rifkin.

C’est une possibilité mais ce n’est pas gagné d’avance ; beaucoup de forces résistent encore, freinent ce mouvement ou tendent à le dévier notamment les forces qui transforment tout en calcul de rentabilité, celles qui pratiquent la cupidité et l’accumulation qui sont le contraire du don.

Bénédicte Manier dans son livre « Un million de révolutions tranquilles » (traduit aujourd’hui en chinois) a montré cependant que partout dans le monde des millions d’hommes se regroupent pour créer de nouvelles solutions pour mieux vivre ensemble : si on regarde bien on verra que ces hommes donnent beaucoup d’eux-mêmes en fonction des dons qu’ils ont eux-mêmes reçus.

Une recherche transdisciplinaire (comme celle menée par Alain Caillé et Pascal Roggero) pour observer, analyser, et diffuser ces nouveaux modèles de comportement est donc aujourd’hui nécessaire ; les différents types d’acteurs (publics, privés, sociaux et citoyens) pourraient y être eux-mêmes associés ; le mouvement Les convivialistes (créé et animé par Alain Caillé) y pense, de même que nos amis d’UT1 et du Pacte Civique qui ont signé une convention dans ce sens et qui portent ensemble le projet de DU de formation continue « Devenir acteur et animateur de la transition ».

Avec eux et l’association Advenir nous visons aussi la création d’une coopérative de groupes projets citoyens qui viserait à les soutenir et relier pour leur donner plus de pouvoir d’action sur les territoires : le renouveau coopératif dont parlent certains responsables de coopératives comme Jacques Gouil ou certains chercheurs comme Jacques Prades est peut-être en train de se faire là sous nos yeux ; la vraie coopération suppose donc la mutualisation des moyens matériels et immatériels, et là ne retrouve-t-on pas encore la « force du don » ?

Cette force vient en quelque sorte concrétiser « la force éthique » dont parle si souvent Jean Baptiste de Foucauld le fondateur du Pacte Civique qui a aussi contribué au lancement de l’association Solidarités Nouvelles face au chômage où les bénévoles donnent de leur temps et énergie mais aussi de leur temps à des personnes sans emploi.

Dans le même esprit comment ne pas voir le fabuleux effort de don que font les militants d’ATD Quart monde auprès des plus défavorisés pour leur redonner confiance en leur potentiel et les accompagner dans la création d’activités dans des territoires expérimentaux comme le montre Daniel Le Guillou.

Ainsi donc ce colloque toulousain de la Nuit des idées sera peut-être , et nous l’espérons, un signal fort pour lancer les nouvelles dynamiques psycho-socio-économiques que le don peut engendrer.

Georges Dhers 

 


MOTIVACTION : des motivations profondes aux réalisations partagées

Notre constat :

C’est le moment idéal pour changer !

Notre époque n’a jamais été aussi favorable à la transformation personnelle et sociétale.

Tout bouge ! Participons ensemble à l’émergence d’initiatives de terrain porteuses d’espoir et d’actions concrètes.